L’avenir des psychologues à l’ère de l’expérimentation

La prise en charge par l’assurance maladie des thérapies non médicamenteuses est un dispositif expérimenté dans 4 départements, dont celui de la Haute-Garonne, qui s’inspire d’initiatives menées dans d’autres pays. Il associe les médecins généralistes traitants, les psychologues cliniciens, les psychothérapeutes agréés ARS et les psychiatres libéraux. Ce dispositif se donne comme objectif d’améliorer l’accès à la psychothérapie pour les patients souffrant de « Troubles en santé mentale d’intensité légère à modérée » soit la dépression légère à modérée, les troubles anxieux, les troubles de l’adaptation ou les troubles médicaux inexpliqués. En effet, les recommandations françaises et internationales préconisent les psychothérapies comme des solutions de première intention, avec une efficacité comparable, voire supérieure aux traitements médicamenteux, selon les indications.

Mais comme le souligne Michel Foucault dans sa théorie du dispositif, un dispositif a une fonction stratégique de réponse à une urgence. La question se pose de savoir à quelle urgence ce dispositif répond, alors que nous savons que le système de santé est en crise depuis plusieurs années, que la baisse de la démographie médicale devient inquiétante et que la psychiatrie, parent pauvre de la médecine, est probablement la spécialité la plus sévèrement touchée.

Comme dans tout dispositif, les acteurs de ce dernier se trouvent pris dans « un ensemble résolument hétérogène, comportant des discours, des institutions, des aménagements architecturaux, des décisions réglementaires, des lois, des mesures administratives, des énoncés scientifiques, des propositions philosophiques, morales, philanthropiques […] du dit, aussi bien que du non-dit… »1. Dès lors, que peuvent nous dire les différents professionnels, les psychologues, les médecins généralistes, les psychanalystes et les psychiatres de ce à quoi ils sont aux prises par la mise en fonctionnement du dispositif tel qu’il a été pensé ?

Des questions telles que le transfert, le temps, le paiement, le symptôme sont inévitablement convoquées dans ce protocole expérimental, autant de questions que la psychanalyse cherche à traiter, tout comme celles de discours, de politique et d’éthique.

1Michel Foucault, « Le jeu de Michel Foucault », in Dits et Ecrits, tome 2 : 1976 – 1988 (Gallimard, 2001), 299.

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